Solidaires
Elles rentrent chez nous sans crier gare.
Devant ce déferlement on a le sentiment
d’être submergé, noyé, de ne rien pouvoir.
Nous croyons bien qu’un autre monde est possible.
Mais quand, comment, dans un monde sans horizon, sur une terre déchirée ?
Le vertige nous prend de nous laisser emporter
dans le tourbillon des nouvelles catastrophiques.
Naît alors cette sourde inquiétude de ne plus savoir à qui se fier,
trompés par les uns, déçus par les autres,
méfiants à l’égard de toute proposition d’action nouvelle.
L’attention aux événements n’est pas matière à option.
Devant la vie du monde nous ne sommes pas au cinéma.
Citoyens du monde, c’est-à-dire solidaires
d’un peuple en devenir qui ne cesse d’attendre.
Lutteurs contre les rabat-joie ou le « sauve-qui-peut » des fausses prophéties.
Opposants aux beaux parleurs qui inondent de promesses sans lendemain.
Ne soyons pas naïfs.
Nous ne sommes pas meilleurs que les autres.
Nous devons nous interroger sur la qualité de notre présence au monde.
Nous avons à insister sur la nécessité
de mettre nos actes en conformité avec nos paroles.
Dans ce monde tumultueux et passionné, sec et froid,
des initiatives urgentes s’imposent,
comme celle de redécouvrir le chemin étroit et difficile
à entretenir de la solidarité où s’opère la rencontre,
entre eux, des hommes qui se reconnaissent frères en humanité.
L’urgence d’une plus grande solidarité ne peut pas en rester à un vœu pieux.
Les citoyens que nous sommes doivent faire des choix.
Jean-Claude BERRA