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Je suis bien ici, ni aux Antilles
Ni en Patagonie,
Ni sous des aurores boréales
Encore moins tropicales !
Pourtant, les couleurs me chatouillent les sens
Quand le ciel bas et lourd apporte ses gris
Tel un colibri, un ara, un arlequin aux bas mis,
Les couleurs deviennent évanescence
Obligeances
Survivance
Au secours couleurs, où êtes vous donc tapies ?
Sombrez vous dans la mélancolie ?
Faites vous déjà tel l’ours, une hibernation prolongée
Nous voilà ainsi condamnés, à nos heures diminuées,
A supporter non seulement le bistre de la ville
Mais aussi le vil du triste flot de nouvelles débiles,
Je demande des couleurs !
Et avec ardeur !
Envie de peindre en bleu les bois noueux,
Désir de peinturlurer les cœurs haineux,
Ne pas attendre notre désoeuvrement,
Désobstruer tous les sentiments
Colorer le ciel de mes maigres pastels,
Barbouiller la face des margelles
Dévaliser le rayon du bricomarché
Barbouillis de tous côtés
Des faces piles de notre état-civil,
Vite ! Je deviens sessile
Serviles éclats auxquels nous sommes habitués
Tout l’été
Couleurs, je vous siffle,
Embrasez nos décors,
Ou je colle une mornifle
A tout ce gris qui nous mord...
Anne-Atmosphere88 - Octobre 2007