Le Sagard
D’un geste précis, le sagard ôte l’écorce de la grume
De bois avec un « pelou «,
Comme une bêche légèrement incurvée
Pour épouser la forme arrondie des arbres.
Le secret du bois apparaît.
Ici, ça sent bon le bois coupé, la résine et la vérité.
Évaluation du volume de la tronce, détailler la surface du bois..
Ça s’active autour du haut fer.
150 battements par minute, la lame avale
Inexorablement la bille de bois
Chaque dent est creusée légèrement en retrait de la précédente
Pour permettre de remonter la sciure dans le trait de scie.
La roue à pales est depuis longtemps remplacée par une turbine
Qui se nourrit des eaux du ruisseau.
L’inépuisable énergie anime d’énormes courroies,
Et poulies qui déclenchent à leur tour le va-et-vient
De la lame et l’avancée du chariot sur le rail.
C’est un ballet mécanique.
Au siècle dernier, 147 hauts fers faisaient
Ainsi battre le cœur des vallées vosgiennes.
Un seul est encore actif à Rupt-sur-Moselle,
Le dernier à revêtir une activité économique, à part entière...
Depuis le milieu du 19 e siècle, la scierie n’a pas changé,
Hormis en 46, juste remaniée
Le métier s’apprend de père en fils.
La dosse de bois retirée cette première planche inégale
Qui sert de décor de nombre de fermes auberges, et à la fabrication du papier.
C’est physique tout ça !
Et il faut bien calculer
Au poil près la taille de la planche..
Le sciage au haut fer est plus joli et plus propre, sans hésitation,
Parce que effectué plus lentement..
On ne vit pas de la seule activité du haut fer,
Il faut faire la culture en même temps…
La plupart des autres hauts fers de la région, sont inactifs,
Mais certains classés Monuments Historiques depuis 1997