Que faisais-tu quand tu étais petit(e) ?

Publié le par Atmosphere88

 

 

Que faisais tu quand tu étais petit(e)

Il n’y a pas si longtemps

Avais tu des stations de jeux sophistiquées,

A faire pâlir les neurologues de ton quartier ?

Pas moi.

Avais tu ta chambre tranquillement ?

Pas moi, deux chambres pour quatre enfants.

Avais tu les vêtements que tu aurais aimés, les chaussures dernier cri ?

Que nenni !

Pas moi, parfois ils piquaient, la laine, je ne supportais.

Maman tricotait et piquait, rien je ne disais

Ses doigts de fée

Des miracles faisaient.

 

Quand tu étais petit (e)

Avais tu un bureau à toi seul ?

Moi non, on faisait les devoirs ensemble,

Un dico qui a suivi tous les membres de la famille,

Quelques livres de par la bibliothèque, de l’école, celle du cathé

Pas une rangée, mais tous je les avalais,

Pas eu toutes les BD que j’aurais aimées

 Ce n’était pas donné,

J’ai eu une poupée, très belle il parait,

Mais déjà férue d’anatomie,

Qui ne fut que folie

Et ne comprenant pas pourquoi elle ne parlait

Pourquoi elle ne me répondait

Je l’ai démontée, doucement,

Hélas, je n’ai rien vu de vivant,

Alors je l’ai abandonnée

Grand-mère au marchant l’a rapportée

Qui les bras ballants s’est exclamé

« Elle est complètement cassée ».

Plus personne ne m’en a offert,

Triste affaire.

 

 

Le seul bisou de Maman au coucher me suffisait,

Ainsi que le « dors bien, gamine » de Papa.

Dans la chambre voisine les rires des Grands,

Dont je n’ai jamais su le pourquoi du comment,

Mon premier puzzle, c’est à la maternelle que je l’ai vu

Comme tant d’autres inconnues

J’ai de suite adoré,

Assembler des images qui s’emboîtaient

Avait un sens,

On construisait un paysage, une distance

Avec soutien et entrain,

De nos petites mains,

Lavées par une dame gironde,

Autour d’un géant lavabo, formant une ronde.

Souvent j’ai admiré mes « nabots »

Faire de même avec des mécanos,

Passer des heures à construire

Ce qui serait leur avenir

Des crayons de couleurs en pagailles,

 Pour saisir les moindres détails,

Une gomme pour effacer les traits

 D’une fleur mal dimensionnée

Les rentrées sentent bon les cahiers neufs,

 Un rouge et un bleu, couleurs républicaines,

Un blanc brouillon, assemblé au fil de laine

Fort comme un bœuf,

Nous avions une blouse, pas grise,

Pas précise,

 Mais elle cachait les différences

Apparences,

Dissimulait les misères de certains, les pauvretés

Cachait, des autres, les aisances

Aplanissait la société, en UNE seule communauté,

Celle des enfants

Tous participants

Même si une institutrice donnait la faveur à la plus riche,

La classant pour un demi point pois chiche

Première sans cesse devant moi la belle affaire,

Nous avons embrassé la même carrière

Étrangement.

Elle a connu l’héroïne,

Quand je promenais mes chtis

Quand on est pistonné, la vie est assassine.

 

Je ne sais ce que vous faisiez de vos jeudis.

 

Dans la fermette où j’habitais,

Se lever aux aurores, voir le lait couler des pis,

Le boire à grandes gorgées,

Changer la litière des lapins

Glisser des fanes de carottes à la main

Faire du grenier à foin, une maisonnée,

Sortir d’une malle des rideaux crochetés par mémé

En faire des paravents,

Où sont-ils maintenant ? Ce n’était pas malin !

Chez l’antiquaire à prix exorbitant !

Prendre en douce les tiroirs des tables de nuit,

Sans faire de bruit,

Les ficeler, et se tirer du haut du tas de regain,

Se laisser glisser comme un train

Tout schuss à en être saoulé

Des dizaines de fois, dévaler,

Rire avec Papa qui en fauchant se trouvait gêné des hannetons

Alors, on faisait la «  chasse «  aux «  bille billes « 

Lui à l’ouvrage, moi aux aguets,

Pour le protéger et l’aider sans Ko par abandon !

Se faire gronder, quand c’était mérité,

Se faire expliquer, sans se faire bousculer,

Se prendre en charge tôt,

Assumer ses bobos,

Braver le dentiste en y allant seule,

Sans craindre quelque individu malfaisant

Au coin de la rue, traînant,

Pas de véhicule pour nous héler au seuil

Du portail des fins de classe

Solidarité en place !

Au village tout se savait,

On prenait soin des enfants de tous

Rendant sans compter les services

Les pères réglaient les différends des enfants

Sans tribunaux ni juges

Les yeux dans les yeux avec leur chérubin

Il n’aurait pas fallu ramener des racontars

Ça aurait été notre heure de gloire !

 

© Atmos 2007-07-01

 

 

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Publié dans Mon crayon glisse

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