Légende et conte pour enfants qui ont peur de la nuit
Il était une fois,
Un petit garçon qui vivait avec ses parents
dans une jolie maison perdue au coeur d’une grande forêt.
Son papa était bûcheron, ce qui rendait très fier le garçonnet.
La forêt lui disait souvent que,
si elle arrivait à respirer c’était grâce à lui qui,
si gentiment, coupait les arbres qui menaçaient de l’étouffer.
Pensez si notre petit bonhomme était heureux…
Grâce à eux, la forêt vivait !
Pourtant, chaque année quand revenait l’été,
l’enfant cachait une grande angoisse au fond de son coeur.
Profitant des chaudes soirées de juillet,
son papa abattait les arbres tard dans la nuit,
et le petit garçon devait lui apporter le panier
où sa maman plaçait le repas du soir.
Et tout son chagrin venait de là :
Lui qui aimait tant sa forêt lorsque brillait le soleil,
tremblait de peur dès qu’il devait s’aventurer
sur le sentier où commençait à rôder l’ombre de la nuit.
Il n’osait pas parler de sa peur à ses parents,
car il craignait les moqueries.
Un si grand garçon, auraient-ils dit, est-ce possible ?
Alors, les yeux rougis d’avoir pleuré
en cachette et la lèvre tremblante,
bravement il mettait le panier sous son bras
et s’en allait sur le chemin.
Sa maman voyait bien les traces de larmes
sur son pauvre petit visage,
et elle le regardait partir aussi longtemps
que se dessinait sur la masse sombre des arbres,
la silhouette claire de son petit garçon…
Et son regard, chaque soir,
se chargeait d’une lourde inquiétude…
Or, un de ces fameux soirs,
l’enfant crut voir le grand chêne son ami,
tirer ses racines de la terre et marcher vers lui.
Il quitta le sentier en hurlant
et se retrouva accroupi près de la mare,
où brillait une lumière aussi étrange qu’inhabituelle.
Il eut à nouveau très peur.
Mais cette fois, il n’était pas victime de son imagination.
Il entendit une voix douce,
comme une musique, qui venait du fond de l’eau.
« Aide-moi, petit garçon, je suis une petite étoile tombée du ciel.
Vite ! fais-moi sortir de cette mare avant que je ne m’éteigne ! »
Rassuré d’entendre de telles paroles murmurées
de si jolie façon, courageusement l’enfant retourna vers son ami le chêne.
« Grand chêne, prête-moi vite une de tes branches
afin que je vienne en aide
à la petite étoile qui est tombée dans la mare.
Vite ! elle ne brille presque plus ! »
« Voilà » dit le chêne, peu rancunier. « Fais vite maintenant ! »
L’enfant s’en retourna au bord de l’eau
et tendit la branche à l’étoile.
« Il était vraiment temps » lui dit-elle lorsqu’elle fut sur l’herbe.
« Regarde, je clignote avec peine…
Moi qui rêvais tant de connaître la terre, j’ai bien failli en mourir ! »
Alors elle conta son histoire au petit garçon.
Elle n’accompagnait pas toujours la lune dans le ciel.
Il lui arrivait aussi de voyager avec le soleil.
Et de là -haut, en pleine lumière,
la terre était si belle, toute bleue,
qu’elle rêvait depuis longtemps
de venir s’y poser quelques instants !
Mais le soleil était sévère.
Il ne permettait pas aux étoiles de s’en aller.
Alors, elle avait attendu d’être à nouveau
avec la lune pour descendre jusqu’ici.
Car la lune était douce comme du miel.
Elle ne savait rien refuser aux petites étoiles, ses amies.
Elle leur demandait seulement de briller moins fort
que d’habitude au cours de leur descente
vers la terre afin de ne pas effrayer les humains.
« Pauvre lune !
Elle éclaire si mal ta planète,
que je n’ai pas pu voir où je me posais »
soupira-t-elle.
« Je me suis retrouvée au fond de cette eau toute noire,
et je t’avoue que de ma vie d’étoile, qui est déjà fort longue,
je n’ai jamais eu si peur !
Par quel miracle t’es-tu trouvé sur mon chemin, petit garçon ? »
Et le petit garçon confia à l’étoile,
qui brillait à nouveau de mille feux, le gros chagrin de sa vie.
Il lui avoua sa peur dans le noir
s’il entendait hululer la chouette,
croasser le corbeau,
glapir le renard qu’il aimait bien pourtant…
« Oh ! petite étoile, j’ai peur de la nuit ! »
finit-il par dire en laissant s’échapper de grosses larmes.
« Ne pleure pas si fort, gros bêta »,
lui dit-elle.
« Tu vas réveiller les oiseaux, les écureuils,
les lapins, tous ceux qui vivent dans ce bois.
Que penseraient-ils s’ils savaient
que leur demeure t’effraie quand il y fait noir ?
Tu m’as rendu un grand service.
A mon tour de soulager ta peine.
Montre-moi ton chemin, tu vas voir. »
L’enfant reprit sa route et,
à chaque arbre rencontré,
chaque herbe, chaque fleur,
la petite étoile s’arrêtait et le touchait de ses rayons.
Alors, les arbres, les herbes, les fleurs se mirent à briller doucement,
éclairant le sentier où s’aventurait l’enfant qui n’avait plus de crainte.
« Ce sera ainsi tous les soirs ! »
lui dit-elle en prenant sa course vers le ciel
où s’impatientait la lune.
« Tu as sauvé un étoile, la forêt s’en souviendra ! »
A partir de cette nuit-là ,
plus jamais l’enfant ne prit le panier
que lui donnait sa maman,
les yeux rougis d’avoir trop pleuré.
Il partit désormais d’un pas léger
vers le sentier où régnait l’ombre.
Et, pas une soir les rayons laissés par l’étoile n’oublièrent
de s’allumer pour lui montrer le chemin.
Ses parents ne surent jamais pourquoi il était devenu si heureux.
Il avait voulu garder pour lui seul le souvenir de la gentille étoile.
Et jamais il n’oublia de lui envoyer un sourire joyeux,
chaque fois qu’il put l’apercevoir, par hasard,
voyageant au fond du ciel immense et pur,
en compagnie de son amie la lune !