La Véritable Solitude vue par Lord Byron
La Véritable Solitude...
S’arrêter sur les rochers,
Rêver sur les flots ou sur le bord des abîmes,
S’égarer à pas lents sous l'ombrage des forets,
Chercher les lieux éloignés de l'empire des hommes,
Et que n’ont jamais ou bien,
Rarement franchis les pas d’un mortel ;
Gravir loin de tous les yeux les monts escarpés
Où errent en liberté des troupeaux sans bercail ;
Rester seul penché sur les précipices
Et auprès des cascades écumantes,
Ce n’est point être dans la solitude,
C’est converser avec la nature,
Admirer ses charmes et ses trésors variés.
Au milieu de la foule, du bruit et du choc des hommes,
Entendre, voir, sentir, être le favori de la fortune ;
Citoyen ennuyé du monde, mener une vie errante
Et n’avoir personne qui nous aime
Personne que nous puissions aimer ;
N'être entourés que de vils adulateurs
Qui voient les malheureux avec effroi ;
N’avoir pas un ami qu'une douce sympathie
Nous rende cher, et qui si nous n’étions plus,
Ferait succéder sur son visage la tristesse au sourire ;
N’avoir pas un ami au milieu de tous ceux
Qui nous flattent et reçoivent nos bienfaits,
Voilà ce que j'appelle être seul, voilà la véritable solitude
Lord Byron
Le pèlerinage de Childe-Harold chant 2,
XXV-XXVI, trad. A. Pichot Edit.